22 mai 2016

Le revenu de base, de l’utopie à la réalité ?

FJJ - PS20eme

Retrouvez la note complète « Le revenu de base, de l’utopie à la réalité » de la Fondation Jean-Jaurès

Est-il possible de mettre en place en France une allocation universelle versée à tout citoyen sans condition préalable, plus connue sous l’appellation de « revenu de base », alors que le financement de notre protection sociale se retrouve confronté à de profonds bouleversements comme les progrès technologiques ou l’émergence de nouvelles formes d’activité face au modèle traditionnel du salariat ?

 

C’est à cette question qu’a souhaité répondre la Fondation Jean-Jaurès en créant un groupe de travail dédié, en coordination avec la section PS du 20e arrondissement de Paris. Cette idée ancienne a récemment effectué un retour en force dans l’actualité, sans qu’existe toutefois d’étude solide permettant d’en juger la faisabilité.  Quel montant pour le revenu de base ? Comment le financer ? Quelles incidences socio-économiques en découlent ?

 

L’étude a retenu trois scénarios pour cette allocation,  500/750/1000 euros par mois. Les travaux menés montrent que chaque cas est finançable. Il apparaît cependant que le choix le plus pertinent consisterait à opter pour un revenu de base de 750 euros par mois. Pour cela, il faudrait utiliser toutes les sommes que les pouvoirs publics consacrent actuellement à la protection sociale (retraites, assurance-maladie, chômage, allocations familiales), à l’exception de celles consacrées à la prise en charge des affections de longue durée. S’y ajouterait notamment une hausse de deux points du taux de TVA, dans une logique consistant à faire peser davantage la protection sociale sur la consommation plutôt que sur le travail. A un tel niveau, le revenu de base permettrait de couvrir les besoins essentiels de chacun en termes de logement, de santé ou de retraite, en limitant les effets désincitatifs sur la recherche d’emploi.

 

Les auteurs de l’étude ne prennent pas parti sur l’opportunité de cette réforme de très grande ampleur. Mais il s’agit d’une thématique essentielle, sur laquelle les hommes et femmes politiques doivent se positionner dans la perspective de l’élection présidentielle de 2017. Il en va de l’avenir de notre système de protection sociale.